lundi 20 mai 2013

Ouganda, je joue les prolongations.


Après Kagadi, j’ai repris le vélo vers Fort-Portal, sur les routes sinueuses et légèrement vallonnés qui traversent les plantations de thé. Toujours aussi vert, toujours aussi beau, une des plus belles routes que j’ai faite.
Ensuite je suis resté coincé 2 jours à Fort-Portal, histoire de ne pas prendre la route à vélo sous le déluge… mais je ne me plains pas surtout quand je suis arrivé dans la région de Kasese et Kilembe, où j’ai vu les dégâts occasionnés par les inondations. Trèsimpressionnant, surtout en voyant ce qui reste du village de Kilembe.

Delà, je commence la longue route qui va me mener aux Gorilles de BWINDI … et pour ça, je n’ai pas ménagé les kilomètres et les efforts, aussi bien en vélo, en poussant le vélo ou en marchant. Ça se mérite de voir les Gorilles … !!!
D’abord, j’ai traversé le Parc Queen Elisabeth. Je me suis renseigné au poste de garde pour savoir s’il était possible d’y aller à vélo… pas de problème, juste éviter les 2 endroits où se trouvent les Lions. Bien assimilé, voilà un conseil que je vais suivre à la lettre.
1er jour, c’est le passage dans les paysages de cratères, transformés en lac où viennent boire les buffles.
Le 2ème jour, une très longue et fatiguante étape à travers les plaines du Parc, avec la boue, les orages approchant et 112km au compteur, dont 103 de piste, qui se traduit par 8h25 sur le vélo… ça fait une belle journée, mais la satisfaction d’avoir croisé en vélo différents animaux sauvages : 2 groupes d’éléphants (l’un assez loin, l’autre à 30menviron), un buffle à 5m (on était denotre côté de la route), des colonies de babouins, des phacochères, des Antilopes… bref, un Safari à vélo. C’est un nouveau concept à explorer, on ne doit pas être nombreux à l’avoir tester !!!
Enfin le 3eme jour, c’est une étape de montagne sur piste cailloutée qui est au programme, pour rejoindre le village de Buhoma, d’où partent les treks pour voir les gorilles.

Et arrive le jour J du Trek et la chance d’aller rendre visite aux gorilles à leur domicile. La Foret Impénétrable de BWINDI porte bien son nom, car il faut quand même 2h de marche dans la forêt dense,avec montée/descente de colline pour les rejoindre et retrouver les pisteurs qui les recherchent depuis le matin pour nous y conduire. On ne peut rester qu’une heure sur place avec les gorilles et ne pouvons pas les approcher à moins de 7m. (risque d’échange de virus et autresbactéries, compatibles entre nos 2 espèces Humains/gorilles).
Trèsimpressionnant de les voir de si près, les voir manger, faire des gestuels qui se rapprochent des nôtres… Un super moment.

Et pour repartir de Buhoma, là aussi il faut cravacher sévèrement. Je prends l’option « traverser de la foret avec mon vélo » Je traverse donc la forêt, de Bohama à Nkuringo, avec un guide (pas le droit d’aller seul, cette fois-ci), 2 rangers pour ouvrir et fermer la route (en cas d’animaux sauvages) et j’embauche un porteur, car on m’a expliqué qu’il y avait un grosse montée… Bonne idée, car effectivement la montée vers Nkuringo ce fait à flancvertical de colline, non plus en poussant le vélo & Bagage dans la boue ou l’eau comme au début du parcours, mais bien en le portant à bout de bras et d’épaule …!!! 1h30 non-stop à 3 pour cette montée. Eprouvant.
Plan galère => les porteurs ont sous-estimés le poids de mon vélo (« celui d’un âne mort », comme dirait le fils de Stéphane), et moi j’ai sous-estimé aussi le profil des montagnes. CQFD.
Arrivés là-haut, on était déjà HS et pour les guide-porteurs, il leur faut revenir sur Buhoma par la foret et pour moi il me restait encore 20km à pédaler sur de la piste défoncée, tout en montée, pour rejoindre la ville de Rubuguri et trouver un hébergement pour une nuit de sommeil bien méritée…

J’ai cravaché pour aller et revenir des Gorilles, mais quel plaisir. 1ere étape de mon « mon BIG-7 » que j’ai en tête de faire en Afrique.

Ensuite j’ai basculé vers Kisoro, d’où je voulais rejoindre le Rwanda.
Je me suis fait recaler, en voulant prendre mon visa directement à la Frontière. Il faut pour cela, faire une préinscription via un site internet (qui bugg !!!), attendre 3 à 5 jours la réponse de Kigali, faire une lette de présentation annonçant le nombre de jours sur place, les hôtels où séjourner, la confirmation du départ du pays (ex. Billet d’avion), … bref, tout ce qu’à vélo je ne peux prévoir ou présenter. En plus, il semble que certaines routes et centre-ville sont interdits au vélo !!!
Et franchement, si déjà à la douane le pays semble aussi tordu que cela, je préfère contourner le Rwanda et rejoindre la Tanzanie via l’Ouganda … et ça me fait même plaisir de prolonger mon séjour en Ouganda, tellement je m’y plais.

Curiosité locales Particularité Nationale

Ce n’est pas vraiment une curiosité locale mais une caractéristique de l’Ouganda. Un des plus haut taux de natalité au monde : 6,1 enfants par femme en 2011.
Si ça ne vous parle pas, je peux vous donner d’autres chiffres qui en découlent et sans doute plus parlant :
·         250 enfants par classe à Kagadi,
·         1 enfant sur 7 en milieu rural, n’attend pas l’âge de 5 ans (malaria, Sida, malnutrition, etc …),
·         10% de la population a entre  0-4 ans,
·         moyenne d’âge de la population : < 15ans
·         A Mabale, il y a une famille : 1 homme, 9 femmes et … 52 enfants. ARubuguri, la même chose mais … 57 enfants !!! (Cela dit, c'est la moyenne nationale, 9x6=54)
Chacun interprétera les chiffres et à vous d’imaginer la vie qui va avec !!!
Voilà, tel est aussi l’Ouganda, ce n’est pas que les belles plantations de thé, les montagnes et les Gorilles.

Prochainement

Je prolonge donc mon séjour en Ouganda et je prends la route pour Masaka au lac Victoria. Pour rejoindre le Kilimanjaro le mois prochain, j’ai l’option de la route Sud en passant la frontière Tanzanienne, ou la route Nord par Kampala + Kenya.
A voir et à y réfléchir sur le vélo en pedalant d’ici a Masaka.

PS : les images sont en ligne. 
Les 2 films de l’ouganda sont sur YouTube mais je n'arrive pas a les charger sur ce blog pour l'instant. 
cliquez sur les liens suivant :
"Ouganda Partie 1" et "Ouganda Partie 2"

PS2 : j’ai attendu la remontée de Nantes (et EAG) en ligue 1, pour mettre à jour le blog … j’attends maintenant les nouvelles des 2 Rennais et des 2 Caennais …

samedi 4 mai 2013

Ouganda, me voila.


Pour ceux qui ont séché sur la fin du dernier billet, c’est donc en Ouganda que j’ai atterri, pour un périple à travers les 2 vallées du rift. Ouganda-Rwanda-Tanzanie.

Atterrissage à Entebbe, petite ville à 35km de la capitale sur les bords du lac Victoria et remontage du vélo qui a voyagé dans la soute à bagage de l’avion. Je décide aussi de profiter des facilités de Kampala avec des vélos aux standards plus conventionnels pour remettre à niveau la roue arrière du vélo et oublier les crevaisons à répétition. (re-changement de la jante arrière et achat d’une chambre à air compatible).
Et depuis 1 mois, plus de soucis !!! Et comme on dit : « quand le vélo roule … tout roule ». J’ai donc pu tenir le programme que j’avais imaginé : Sources du Nil, Reserve de Rhinocéros, Parc de Murchison (safari + cascades), rendre visite et servir de relais à Matthias pour apporter de l’aide à l’orphelinat de Kagadi.

Source du Nil :

Le site vaut plus par la beauté des paysages et du cadre qu’offre le lac Victoria et le Nil, que se dire « j’ai été à la source du Nil » qui reste un concept abstrait … trouver la source du Nil dans le lac Victoria, c’est comme chercher le 1er grain de sable du Sahara !!!
Ensuite, je suis descendu 10km en aval du Nil pour voir les cascades du Bujagali. Heureusement, que je n’ai pas fait les 85km depuis Kampala pour une descente du Nil en Kayak ou rafting, car à la place des cascades j’ai découvert un lac plat, absolument plat. La raison : une centrale hydro-électrique et son barrage à 3km en aval qui à transformer le site, au grand malheur des professionnels du tourisme qui vivaient des jeux d’eau et celui des pécheurs locaux qui attendent le programme de réintroduction des perches du Nil et autres poissons, mais aux grands bonheurs du développement électrique du pays … chacun fera son opinion.
                                                                                                                                                                    

Parc ZIWA des Rhinos, sur la route de Kampala à Masindi.

C’est une réserve avec 12 Rhino en semi-captivité. Certes, ils sont enfermés dans un enclos pour les contenir … mais un enclos de 70km de périmètre quand même !!!
C'est aussi l’une des rares occasions d’approcher de si près les rhinos, car dans la plupart des parcs Nationaux, les guides n’approchent par leur 4x4 des Rhinos de peur de se faire charger. Ici, ils sont familiarisés avec la présence humaine, on peut donc s’y approcher en marchant, à moins de 30m et sous le contrôle du Rangers.
Ils sont surveillés 24h/24h et 7j/7, par 2 rangers équipés de joli fusil en bandoulière. Officiellement, pour se prémunir du comportement des Rhinos mais officieusement et c’est surtout la vraie raison, pour se défendre contre l’attaque de braconniers. Ne jamais oublier qu’une corne de Rhinos vaut une fortune, ce qui explique aussi que les Rhinos ont disparu à l’état sauvage d’Ouganda depuis les années 80 !!!

Au Parc, la curiosité locale, c’est OBAMA … !!! un rhino de 4 ans et3 Tonnes … son père vient du Kenya et sa mère des USA … Il fallait y penser, les Rangers l’ont ainsi nommé … Yes They Can !!! Après le prince Williams le mois dernier, je continue de croiser des « célébrités ».

Parc Murchinson. (Masindi)

Les Big Five y sont présents. Manque de chance pour moi, je suis arrivé trop tard ou trop tôt pour voir les lions. Faut dire que le roi fainéant se repose 20h/24h et donc il faut y être à son réveil ou à son coucher pour le voir en activité, et moi j’y étais en journée avec un aller/retour depuis Masindi, sans y passer la nuit sur place.
J’ai quand même pu voir nombres de gazelles, éléphants, Buffles, Hippopotames, croco du Nil, …
C’est un parc intéressant, avec des paysages très variés : forêts denses et montagneuses en arrivant puissavanes vertes et jaunes, fleuves et cascades. Bref, une belle journée à se balader dans la nature Ougandaise.

Orphelinat de Kagadi.

Matthias, un ami, qui m’avait dit avant de partir que si par chance je passais par l’Ouganda, il connaissait un orphelinat qu’il aidait via une association (Lien Ici)… et bien ça tombe bien, non seulement je vais en Ouganda et en plus je passe sans faire de détour par Kagadi, pour venir de Masindi vers le Sud.
On a échangé quelques email/SMS pour accorder les violons, il m’a fait parvenir via Western-Union une somme d’agent pour engager des travaux sur place.
Arrivé sur place, j’ai eu droit à un accueil des plus chaleureux par les enfants, qui comme le Father Augustine, n’en revenaient pas de voir un «Mujungu» arrivé sur un vélo pour leur rendre visite … Fantastique !!!
Ensuite, on s’est mis d’accord avec les personnes sur place et sous le contrôle du Father Augustine, pour définir les besoins et engager les travaux pendant les quelques jours où je serai présent.
On a donc rénové les fenêtres et vitres du réfectoire, planter une haie avec 330 arbustes autour de l’orphelinat, refait et trouver une nouvelle disposition des gouttières pour remplir les citernes pour augmenter le volume de réserve d’eau (très important en prévision des saisons sèches) et enfin la remise en état des batteries et accu des panneaux solaires…
Bref pas chômé, mais quel plaisir d’y avoir passé cette semaine sur place pour aider les enfants et les encadrants, mais aussi pour partager la vie quotidienne de l’orphelinat, comprendre la méthode de travail en Ouganda (!?) et vivre à l’Ougandaise.
Et enfin, le dernier soir j’ai eu droit à des chants et danses par les enfants pour me remercier, me souhaiter bonne route et se dire que ce n’est qu’un au-revoir… et le lendemain matin, c’était encore ma fête au moment du depart, ce qui tombe bien pour un 03 Mai … !!!
Merci à Matthias de m’avoir offert cette belle opportunité et chance.


Voilà, comment j’ai passé ce dernier mois en Ouganda.
Pour l’instant je ne souffre pas de la saison des pluies, j’ai réussi à passer (presque) entre les gouttes et j’adapte mes journées pour faire la route de 8-9h à 14h-15h max, car ensuite viennent les orages.
Je me fais aussi a la conduite a gauche (sur une velo). Sur la route, pas de probleme, ca se complique pour les rond-point et sortie de parking... Keep your Left...
En tout cas, pour l’instant, l’Ouganda est fantastique et les gens sont réellement chaleureux même si le 1er contact est toujours assez froid, mais dès le 2nd c’est de suite un bel accueil.

Prochainement, je continue en Ouganda, puis vers le Rwanda-Tanzanie en passant par les lacs du Rift, Parcs Queen Elisabeth, la région des Milles Collines, …
Pour ceux qui s’impatient, pas d’inquiétude si la mise à jour du blog avoisine le mois ou plus ... je ne suis pas maitre de mon temps, de ma route et d’internet !!!

PS. : j'ai quand meme reussi a charger les images, donc dipo via le lien.. 
Pour le film, ca attendra un meilleur debit Internet, mais il est pret.A Kampala, j’ai pu charger les films de Guinee et Sierra-Leone, pour faire patienter (Video On Line).


vendredi 5 avril 2013

fin du 1er Chapitre



Ecrire sur la Sierra-Leone est à la fois facile et difficile, car peu de monde l’a visité ou le connait … et à tort car c’est un très joli pays, les paysages et plages de la péninsule de Freetown sont juste magnifiques, surtout un faible pour Tokeh beach …
Les gens sont gentils, même si par moment on sent que la tension monte rapidement entre eux.
Noter aussi que la guerre civile est belle et bien finie pour preuve que Freetown est donnée par les Affaires étrangères comme la ville la plus sures de toute cette région d’Afrique.
Les programmes de reconstruction du pays par les différents organismes internationaux (ONU, MSF, Médecins du Monde, OMS, USAID, UNICEF, … et j’en oublie) sont bien présents et les campagnes d’affichage le long des routes expliquent les luttes contre les difficultés que connait (ou connaissait) la sierra Leone et en règle générale l’Afrique : contre la corruption, contre le sida, contre la Malaria, contre le Choléra, contre les femmes battues, contre la déforestation (production de charbon de bois) … et même la FIFA est présente pour le développement du football handisport.

Au dernier billet, j’étais déjà sur Freetown, j’y suis resté quelques jours de plus pour trouver mon billet d’avion pour ma prochaine étape et surtout comment le payer par internet (merci à Christine et Mme Benoit pour leurs aides).
J’y ai aussi retrouvé Banash (l’Anglo-Iranniene aux 7 ans et maintenant 4 mois de voyage) à Freetown. Bien content de la revoir car on s’était quitté sur Bolama, à coté de Bissau. C’était intéressant de croiser nos expériences de voyage, en étant parti du même point pour arriver à Freetown en même temps sans prendre le même trajet, ni les mêmes moyens de locomotion. Pour faire simple, j’ai eu mes galères en vélo mais les transports en commun en Guinée-Bissau, la Guinée et la Sierra Leone ne semblent pas non plus de tout repos… !!!

Ensuite, j’ai enchainé une dizaine de jour de vagabondage cycliste … A chaque fois que je projetais une destination le matin, je me suis retrouvé à un autre endroit le soir venu.
Ainsi, en partant de Freetown le matin à 6h pour prendre le bus pour Bô, (et non pas le train pour Pau …) j’ai fini le soir, à vélo, à l’ile de Banana. En regardant une carte, ça n’a rien à voir.
Au retour de Banana Island, je voulais faire un stop sur BurehTown, j’ai donc logiquement fini 30km plus loin à Waterloo CrossRoad.
De là, je voulais aller sur Sherbro Island via Moyamba, au final je suis arrivé à Bô via Miles 91. (pour info, 1 autre crevaison à l’arrivée sur Bô. La 6eme en Mars, sachant que je suis resté immobile 14 jours à Conakry, et 6 jours à Freetown … les amateurs de stat’ feront le ratio jour/crevaison !!!)
Etant sur Bô je pensais aller visiter le sanctuaire de chimpanzé à Tiwai Island, mais entre-temps Banash m’a laissé un message me déconseillant de le faire (nul et cher !!!). J’ai opté pour le plan B, pour aller finalement à Sherbro Island mais Yohann, un français rencontré à Banana, m’a contacté en disant que la route était pourrie et la galère pour trouver un bateau. Donc passons au Plan C : visite des mines de Diamants à Kenema … ben non, car tombé sur le WE de Pâques et le samedi c’était leur « General Cleaning day » !!! autant dire, ville morte.
J’ai donc fait l’aller-retour par la route, Freetown-Bô-Freetown, mais en m’arrêtant en retour, sur les plages de l’Ouest, a Tomba et Tokeh Beach …
… et là enfin la récompense des 580km d’aller-retour pour presque rien : Plages de sables parfaitement blancs, cocotiers, mer à 27-28°C, derniers couchers de soleil à l’Ouest et sur l’océan atlantique, un « bureau » avec vue sur la mer pour étudier les cartes de mon futur parcours …
Tout ce qu’il fallait pour bien finir le chapitre de l’Ouest Africain …


Curiosité locales
Cette façon curieuse que les Sierra-Léonais ont de se trouver une seconde identité … ou des noms de scène.
J’ai donc eu le droit de rencontrer un jeune qui tenait une Guesthouse à Bureh Town et se fait appeller « Prince Williams »… je pourrais donc dire que j’ai serré la louche au Prince Williams, au moins une fois dans ma vie.
J’ai aussi de croiser «Alpha-Beta». J’ai fait répéter son nom pensant que mon anglais basique m’avait joué un tour. Non, finalement je n’ai pas insisté … « My name is Alpha-Beta » !!! Ok, Sorry …
Ou encore mieux … Bill Gates, et devinez ce qu’il fait … il est « Lève-Barriere » au Check-point de Police à l’entrée de la ville de BÔ. Ça ne s’invente pas : Bill Gates qui tient la barrière !!!
Sans oublier, Thomas Le Magnifique, à Tokeh Beach. Soit un coté narcissique, soit amateur de JP Belmondo à ses grandes heures.
Il y en a d’autres : Sheriff, Patriot, Juicy Boy, …


Et Maintenant ???
Voilà, le 1er chapitre des 3 mois se termine. Janvier-février ont été fantastiques, Mars un peu moins avec des aléas de voyage … C’est la vie, c’est le voyage.
J’aurai été tour à tour Toubab, Branco, Foté et (a)Poto, soit mon nom de touriste blanc criés par les enfants et parfois les adultes sur les bords des routes, comme des encouragements pour faire passer les kilomètres. En fonction de l’intensité et de la manière de le crier, ça m’aidait à choisir le village pour une pause.
Dans le best-off des 3 mois, j’y mets volontier : Le Lac Rose, le Parc Djouj, Ile Fadiout, Djiféré, La Casamance, Bissau & Bolama, la journée et la soirée de Dabiss, Bel-Air, Boffa & Mamie Jiliette, les plages de la péninsulede Freetown … sans oublier d'autres moments de voyage plus ou moins cocasses !!!

Je prends donc l’avion ce dimanche 07 Avril, pour de nouveaux horizons Africains. Cap à l’EST toute !!! Je pensais initialement faire une étape intermédiaire autour du Cameroun-Gabon-Congo Brazzaville mais les correspondances aériennes sont mal faites … donc décision de partir à l’Est, à une latitude qui me permet de retrouver un peu les mêmes paysages, relief et climats.
J’atterris donc sur un aéroport, au bord d’un lac, à 1000m d’altitude environ et qui se trouve pile-poil sur l’équateur, pour un pays où le Nil prend sa source, où Dian Fossey a fait connaitre ses Gorilles dans la brume, où la région des Mille collines va me faire baver sur mon vélo, où se trouve le 3eme sommet d’Afrique avec 5109m à gravir !!! … je vous laisse deviner et/ou réviser votre géographie d’ici le prochain billet.
 
Continuez à laisser des commentaires et messages, je me régale à les lire même si je ne peux y répondre individuellement.
Pour le parcours sur GoogleMap, il y a plusieurs onglets pour suivre la carte. (il ne s’arrête pas à Conacry)
Pour les photos, je mets des légendes sur certaines pour permettre de les situer. (pour ceux qui ne les ont pas encore vu)


mardi 19 mars 2013

Mauvaise pioche a Conacry


On ne peut pas gagner à tous les coups en voyage...

Sur ce coup, je me suis retrouvé bloqué à Conakry pour 14 jours, suites aux évènements et manifestations qui se déroulent dans le pays.

Ma malchance a été d’envoyer mon vélo à réparer au mauvais endroit et au mauvais moment. C’est-à-dire de l’avoir envoyé chez un réparateur (Souleymane) qui se trouve au marché Madina, juste quand le Gouverneur de Conakry décrète sa fermeture pour limiter les manifestations dans cette zone commerçante.

J’ai donc dû attendre 1 semaine et sa réouverture, pour récupérer mon vélo avec sa nouvelle jante arrière (vu l’état de l’ancienne, il était grand temps).

Pour faire durer le plaisir sur Conakry, le visa de Sierra-Leone s’obtient en 72h + 2jours de Week-end … et en voulant le récupérant au 5eme jour, on m’explique qu’il n’y a plus de support Auto-collant pour le rédiger et qu’il me faut le faire à la Frontière : T.I.A. !!! … Ce qui m’a aussi valu une course d’obstacle au passage de frontière Guinée / Sierra-Leone : Contrôle au poste militaire + contrôle au poste de police sans visa et ensuite le bureau de l’immigration pour rédiger ce visa … du bonheur administratif et une bonne dose de self-control !!!

Enfin, le jour J du départ de Conakry …j’ai une 3eme crevaison, après celle de l’arrivée sur Conacry, celle du retour du marché Madina. J’ai donc décalé d’une journée mon départ de Conakry. Quand on aime …
 
J’en ai profité pendant cette semaine à rallonge pour déjà me reposer, faire la lessive de toutes mes affaires qui ont mangé la poussière pendant les derniers jours (la terre rouge, c’est collante et colorante), faire de l’internet… J’ai aussi profité d’être en pays francophone pour écouter RFI & France 24 et les actus locales pour essayer vainement de comprendre la situation politique du pays. « Essayer » ne veut pas dire « réussir » !!! j’ai pas bien saisi toutes les subtilités des jeux politiques de la majorité et l’opposition, entre ce qu’ils revendiquent et réclament pour les futures élections législatives du 12 Mai …le tout sur fond de querelles ethniques (Soussous/Malinké) et du pouvoir militaire sous-jacent

La seule attraction remarquable de la semaine a été le spectacle d’entrainement de l’école d’art acrobatique qui est époustouflant, vraiment impressionnant. De vrais pros, et il leur arrive de venir en France pour des tournées estivales.

Conakry a été aussi l’occasion de revoir une nouvelle fois Peter & Conny et de passer ces quelques jours ensemble. La veille de leur départ pour le FoutaDjallon, leur carte CB a été avalée dans un GAB, je les ai laissé sur Conacry en pleine procédures interbancaire suisse / guinée / organisme Visa … Pour eux aussi, Conacry c’est pas-de-bol !!! décidement


Et pour finir en sortant de Conacry, après le kilomètre 36 et enfin soulagé de « sortir » de conacry, je m’arrête pour manger à midi dans une gargote. Je pose mon vélo à 3m de moi pour le surveiller et un pickpocket en profite pour me faire ma sacoche avant, la seule qui était contre le pignon du resto et dont je ne pouvais avoir un œil dessus … Un sac plastique volé avec mes différents chargeurs de batterie (Camescope, Photo, pile, etc ) aussi mon disque dur de sauvegarde Photo+film (c’est la sauvegarde de la sauvegarde, pas fondamentale, juste embêtant…). ca sert de piqure de rappel apres 3 mois de voyage...
 

En quittant la Guinée, j’ai quand même le sentiment que ce pays se tire une balle dans le pied. Il a tout à portée de main pour être un des pays les plus riches de cette zone d’Afrique. Une richesse impressionnante en minerai (diamants, or, argent, uranium, 60% de la bauxite mondiale, …), pétrole, un climat et des terres propices à l’agriculture, une hydrométrie et des fleuves pour une production d’électricité et enfin des atouts touristiques à développer (plages, FoutaDjalon, GuinéeForestière)
… bref, tout ce qu’il faut, sauf une situation politique stable et constructive et sans doute une volonté de se développer … (et je ne parle pas de la corruption...)
… un gros gâchis.

Je garde quand même le bon souvenir de l’accueil chaleureux des Guinéens,des habitants de Dabiss, Mami-Jinette, Michel de la maison d’accueil de Conakry, Théo le capitaine, Souleymane le réparateur, …

 
Curiosité locales.

Ça aurait pu être les billets de banque, qui vous rendent multimillionnaire en quelques retraits d’espèce… (Ça pourrait intéresser les Léonards, pour 90€ ils deviennent millionnaire...)

Mais, c’est l’autoroute d’entrée/sortie de Conacry qui est en sens unique le matin de 6h-10h sur les 2x2 voies pour limiter les bouchons. Un peu comme si à Paris l’A6 ou la N118 étaient en sens unique Banlieu/Paris de 6h-10h… et imaginez maintenant le changement de sens autour de 10h, entre ceux qui anticipent l’horaire dans un sens et ceux qui le prolongent dans l’autre et au milieu de cette joyeuse pagaille … il y a un cycliste « Foté » en sens inverse pour sortir deConakry, juste pile-poil à 10h00 !!! séquenceRock’n Roll garanti !!!

Et compte-tenu de ces jours passés à Conakry et de mon visa finissant le 23 Mars, j’ai annulé à regret le Fouta-Djalon et me voilà donc sur Freetown, autre pays, autre ville … et toujours une crevaison, sur la route de Port-Loko… 4eme en 15 jours, ça tourne à la loi de série.

Je vais aussi en profiter pour regarder les billets d’avion pour partir sur un autre coin d’Afrique apres 3 mois sur l'Ouest … ici il commence à faire très chaud et les 1ers orages arrivent

PS : les photos de Guinee sont en ligne, pour la Video se sera au bon vouloir d'une connection internet adaptee ...

vendredi 1 mars 2013

Fini le tourisme, Bonjour le voyage…


Ça fait un moment que je n’avais écrit et mis à jour le blog et depuis le SpiceBoy a signé a Paris. Tout va bien, je rassure ceux qui pouvait s’inquiéter… mais voilà traverser la Guinée-Bissau et une partie de la Guinée, c’est oublier qu’il faut juste appuyer sur le bouton pour avoir de l’électricité et tourner le robinet pour avoir de l’eau courante. Alors espérer avoir internet, il ne faut même pas y penser.

Quitter le Sénégal pour passer dans les 2 guinées, c’est aussi oublier le confort et la facilité de l’hébergement, rouler sur de bonnes routes plates, se faire comprendre facilement, etc… Bref, fini les vacances au Sénégal, bonjour le voyage et l’aventure en Guinée(s)…
D’ailleurs, une chose ne trompent pas, je ne croise plus de français qui se la coulent douce en hiver au Sénégal et l’été en France, ici ce sont des routards pur jus comme Banach (anglo-Iranienne) qui voyage depuis … 7 ans et 3 mois avec plus de 120-130 pays visités au compteur … !!! Ou encore Gerhard (jardinier Allemand) qui voyage à vélo en Afrique pendant les 3 mois d’hiver en Allemagne… sans oublier que j’ai retrouvé à 3 reprises Peter et Conny (voir leur blog) qui eux voyagent à vélo depuis la Suisse (7 mois) et vont jusqu’en Afrique du Sud sur une durée indéterminée.

J’ai beaucoup de chose à écrire. J’aurai pu faire un billet pour chacun des sujets :
- la nouvelle valve au départ de Ziguinchor… maintenant je connais le principe de la réparation sénégalaise. Comme écrivait Eric, je « pneu » faire mieux … et bien je vous la ressers : « Valve neuves – 2eme Service » …
- le carnaval de Bissau, avec une petite explication de texte avec la police locale qui tente un bakchich car il faut un permis pour prendre des photos du Carnaval … Croyez-moi, ils n’ont pas encore vu la couleur du portefeuille bigouden !!!
- la réalité des infrastructures Guinéenne-Bissau. Impossible d’aller sur l’ile de Bubaque au milieu de l’archipel de Bijagos. 2 bateaux font la liaison, mais les 2 bateaux sont en panne et interdiction de prendre des pirogues depuis le naufrage à Noël, avec 65 disparus. Donc un petit détour en bateau, puis le vélo, puis une petite pirogue pour rejoindre Bolama.
- la visite de la ville de Bissau. Rarement j’ai vu une capitale d’un pays aussi abandonnée. Un centre-ville désert, vide, sans présence … et dire que c’était LE week-end du carnaval … j’imagine le reste de l’année. Impossible de trouver des souvenirs, des cartes postales, des autocollants, ni musique (et pourtant elle est vraiment sympa, leur musique).
- la situation politique en Guinée-bissau. En résumé, c’est « U.C.E.P.A.», soit « Un Coup d’Etat Par An » (je monte le niveau du calembour, pour ceux qui suivent encore !!!).  Le dernier coup d’état était en Avril 2012, autant dire que le prochain ne devrait pas tarder. Ça explique aussi pourquoi toutes les infrastructures sont à l’abandon, même si la population semble avoir plus d’aisance que les Sénégalais.
- fêter l’annif de Peter à Bel Air (Guinée) et comment j’ai rencontré le gérant de l’hôtel qui est de Fouesnant. Il m’a hébergé pendant 2 jours et avant de partir je lui ai remis un fanion Henaff, pour lui rappeler le pays au fin fond de la Guinée.
- 250 km de pistes défoncées, en 5 jours, avec un vélo qui donne des signes de fatigue. La jante (Alu) Arrière fissure… 17 criques au niveau des rayons.
- et pour finir, ma vraie 1ere crevaison par une lamelle de fer dans l'enveloppe, en entrant sur Conacry

Voilà, j’aurai pu tout détailler, mais je retiendrai quand même une journée en particulière.
Celle qui m’a fait quitter la Guinée Bissau, pour rentrer en Guinée.
A Cuntamane, je passe le poste frontière de sortie de Guinée-Bissau à 9h00 sans problème et j’attaque une portion de piste étroite,sur 20km où seul les piétons, vélos, et mobylettes peuvent passer (et encore 1-2par heure), pour ensuite traverser une rivière sur une pirogue minuscule, instable et qui prend l’eau. Je me voyais déjà les pieds dans l’eau avec mes affaires au fond de la rivière.
Je passe le poste frontière de la Guinée, avec un chef de poste qui fait de l’excès de zèle et me demander de vider tous mes bagages, entre la volonté d’avoir son bakchich et celle de vouloir tuer le temps.
J’enchaine ensuite une autre portion de 25km de nouvelle piste encore plus défoncée, avec des cailloux énormes et des trous importants. J’y ai laissé du jus sur cette portion.
Bref, une journée de stress à espérer que ma jante de roue ne casse pas et me plante seul dans la brousse avec des difficultés pour être pris en charge par un camion ou un bus. Une journée de fatigue physique, pour pédaler dans les chemins tordus, descendre du vélo pour pousser le vélo dans le sable et dans les montées, en plein soleil,sous 30-40°C sans beaucoup d’eau, ni beaucoup mangé.
Vers 17h30 j’ai enfin attend le village-étape de Dabiss que j’avais coché sur la carte. En m’installant à « la boutique » locale pour commander mon soda et reprendre des forces, je discute avec les locaux. Je me fais inviter pour installer ma tente à côté de la maison du « botaniste » (service des forets) et de l’instituteur.
Je m’installe et je me baigne ensuite dans la rivière locale pour enfin avoir ce premier moment de plaisir de la journée.
Je suis invité au repas du soir avec un assiette de riz+poisson et nous discutons de la France, de la Guinée, de l’école, des enfants, de mon voyage, et un peu de tout … et pour conclure cette journée, l’instituteur m’explique que ses enfants sont venus spontanément lui demander de jouer un spectacle « pour l’étranger qui est au village ». J’ai donc droit à un groupe de 15-20 enfants qui chantent et dansent à chacun à leur tour en mon honneur.
Quel plaisir, vraiment !!! Quel bonheur de finir une telle journée, par ces moments de plaisir … Moment tout personnel car il n’y a ni photo, ni film de cette soirée. Sortir les appareils, aurait gâché ces instants privilégiés.
Famille d'accueil a Dabiss

Dans le même registre j’aurai aussi puraconter l’hébergement chez « MamiJiliette » à Boffa. Une femme adorable, la main sur le cœur et beaucoup d’attention pour que je ne manque de rien.
Mami Jiliette

Actuellement, je suis donc sur Conakry pour résoudre mon problème de jante Arrière… J’attends Peter et Conny dans 2-3 jours, pour que nous partions ensemble sur le Fouta-Djallon. Ils s’en iront ensuite sur la Cote d’ivoire, et moi vers la Sierra-Léone. Je dois aussi profiter d’internet sur ConacryetFouta, pour faire le point sur mon itinéraire et me mettre à jour des dernières infos internationales.

Curiosité locale : La bière à l’odeur du poisson pourri.
Si par chance le restaurant dispose d’un congélateur, ils mettent tous les aliments dedans, sans séparation… compte tenu des problèmes électriques, il ne fonctionne même pas 1 à 2 heures par jour, ce qui laisse le temps au poisson de pourrir et de donner son odeur aux autres aliments y compris aux bouteilles de bière.  Porter la bouteille à la bouche, c’est prendre une odeur de poisson pourri en pleines narines … !!!J’ai essayé en versant la bière dans un verre …. C’est pire, on a l’odeur et le gout du poisson … (sans doute le verre est lavé avec l’eau du poisson !!!).

Message perso pour TIBO : c’est fait, j’ai acheté mon réchaud à gaz !!! Petit plaisir pour prendre le café chaud du matin ;-) …
haute technologie et leger avec son socle en plastique (Made in Turkey)
Message perso pour Joel J. : l'OM a 46 points. Tu peux me livrer le Cordon Rouge a Conacry STP ... Merci !!!

PS : J’ai mis les photos de Guinée-Bissau en ligne. Celles de la partie Nord de la Guinée viendront en fin de parcours en Guinée, avec celle du Fouta-Djallon
Vidéo de Gambie, Casamance et Bissau, sont également en ligne, via You Tube